Michel Lobrot
Michel Lobrot
Né le 22 janvier 1924 à Paris, Michel Lobrot est issu d’une famille de médecins du côté de sa mère et de commerçants du côté de son père. Après des études au lycée Pasteur et à la Sorbonne, il rentre chez les dominicains où il reste quatre ans. Il en ressort à 23 ans, ayant perdu la foi de ses ancêtres.

Reçu à L’agrégation de philosophie, il enseigne au Lycée avant de se tourner vers la psycho-pédagogie, qu’il enseigne à L’école normale d’Arras. A partir de 1958, il enseigne la psychologie de l’enfant au Centre National de Pédagogie spéciale de Beaumont-sur-oise (CNPS). C’est un lieu où l’on forme des enseignants pour l’enfance inadaptée. Il mène dans ce centre des expériences pédagogiques dans la ligne de la psychologie rogérienne. Ces expériences ne sont pas isolées. Elles s’inscrivent dans les entreprises d’un groupe d’enseignants qui veulent transformer l’école et qui ont fondé la Pédagogie institutionnelle. Lobrot écrit sur ce sujet son premier livre publié en 1966 et qui s’intitule La pédagogie institutionnelle. Dès cette époque, il travaille en Espagne et en Amérique latine, où il introduit ses méthodes de groupe.

Au lendemain du mouvement de 1968, sa pédagogie le met en conflit avec ses collègues de Beaumont, qu’il quitte en 1969, pour devenir professeur au département des Sciences de l’éducation de l’Université Paris 8, à Vincennes. C’est une Université nouvelle expérimentale, qui va jouer un rôle important dans la rénovation culturelle des dernières décennies.

Une nouvelle vie commence pour lui. Il se lance dans des expériences pédagogiques audacieuses inspirées par la Pédagogie institutionnelle. Il se met à pratiquer la psychothérapie individuelle et de groupe, à l’extérieur de l’Université. Il invente la méthode de la Non Directivité Intervenante, par laquelle il se démarque de Carl Rogers, tout en restant fidèle à son esprit (voir le livre L’écoute du désir). Il fonde en 1975 l’institut Agora, qui existe toujours aujourd’hui.

Son activité principale s’inscrit dans ce cadre jusque dans les années 90, à l’époque où il prend sa retraite. A partir de ce moment, son activité augmente encore et s’oriente dans trois directions. Premièrement, le travail d’écriture s’intensifie et aboutit aux livres et articles publiés depuis 1990. Deuxièmement, il s’oriente de plus en plus vers la recherche, et spécialement la recherche en psychologie et anthropologie. Il participe à plusieurs groupes de recherche. Troisièmement, il organise des rassemblements et manifestations où il intervient gratuitement dans un perspective militante, par exemple des rencontres annuelles dans le midi de la France, une revue gérée collectivement, des Cafés-débats, etc.

Un texte sur Michel et ses débuts dans l'animation